L’Hôtel du Centre est à préserver d’une vente au rabais

Publié le par Faustin Bambou

La Convention signée le 10 Août 2007 entre la société « Kruger Brent Tourisme Afrique » représentée par Monsieur Saïf Durban et l’ex ministre du Développement du Tourisme et de l’Artisanat, Madame Yvonne Mboïssona, pose une problématique qui remet en cause sa validité.

 
Madame Yvonne Mboïssona s’est toujours, de tradition, référée aux avis de ses collaborateurs avant de prendre toutes ses décisions ; et nous avons suivi et apprécié cette démarche qui ne peut que conduire les dossiers ou les projets à bon port. L’étonnant est que sur la société hôtelière centrafricaine, l’Hôtel du Centre, elle n’ait pas pris en considération l’avis du Conseil d’administration qu’elle a pourtant pris le soin de demander.


Cela est d’autant plus regrettable que, constitué de membres compétents et responsables, le Conseil d’administration a bien aidé la ministre Mboïssona en lui adressant une contre proposition assortie d’un cahier des charges qui comblait positivement le vide caractérisant le projet de convention présenté par Monsieur Saïf Durban. Un cahier de charges est, dans uns une convention,  la pièce maîtresse parce que coercitive susceptible d’obliger les deux parties signataires à respecter ladite convention.


Selon toute vraisemblance, les membres du Conseil d’administration de l’Hôtel du Centre ont bien pris la précaution d’expliquer et d’attirer l’attention de la ministre sur les irrégularités du point de vue de la forme et de celui du fond. Laquelle démonstration visait à conclure l’inapplicabilité de la Convention signée.


Alors comment expliquer cette perte de clairvoyance qui a entraîné notre ministre à signer une telle convention ?


Les infrastructures de l’Hôtel du Centre sont propriété de l’Etat centrafricain. A ce titre, l’Etat se doit de tirer profit de leur exploitation. Nous ne comprenons pas pourquoi le ministre en charge des Finances et du Budget n’est pas associé ou impliqué, comme il se doit, dans cette affaire. Habituellement, la privatisation d’une société est motivée lorsqu’elle va vraiment mal comme on le dit. Dans le cas d’espèce, l’Hôtel du Centre, selon nos informations, depuis dix (10) ans, a témoigné d’une  gouvernance et d’une gestion caractérisées par des bénéfices annuels successifs.


Nous en déduisons que le Directeur Général Jean Marie Ali, toute son équipe et le Conseil d’administration ont accompli un travail de « Moléngué ti Kodro » que le gouvernement se doit de soutenir. Mais comment les soutenir ? En respectant le principe selon lequel on ne change pas une équipe qui gagne.


L’équipe actuelle et le Conseil d’administration malheureusement récemment dissout, non seulement ont gagné par des résultats positifs depuis dix ans, mais ils n’ont contracté aucune dette auprès d’une banque. Par ailleurs, chaque année, ils reversent plus de 100.000.000 FCFA de TVA collectée au Trésor Public.


Une privatisation ne peut se faire sans les problématiques de personnels à maintenir ou à licencier, de valeur de la société et de prix de cession à déterminer et d’indemnisation des personnels etc.


La convention signée le 10 août mérite une annulation pure et simple eu égard au flou qui caractérise son financement et à l’imprécision sur le montant des travaux à réaliser. Nous respectons et remercions le partenaire
Monsieur Saïf Durban du Pakistan pour le choix et l’intérêt qu’il a marqués pour la République centrafricaine.
Cependant nous dénonçons la convention du 10 août 2007 et pensons que la ministre du Tourisme et de l’Artisanat,
Madame Bernadette Sayo, le ministre en charge du Travail, de la Formation professionnelle et de l’Emploi, Monsieur Gaston Mackouzangba, et la ministre du Commerce et de l’Industrie, Madame Béatrice Emilie Epaye seraient bien avisés de se concerter avec toute l’équipe de l’Hôtel du Centre pour ne concevoir qu’un agrandissement et une modernisation susceptibles de lui conférer plus d’étoiles.

Ce n’est qu’ainsi que cette initiative pourra nous faire avancer conformément aux lois, décrets et règlements en vigueur et en harmonie avec le Traité et les actes uniformes de l’OHADA.

Affaire à suivre !

Faustin Bambou

 

Publié dans Editorial

Commenter cet article