Mardi 13 octobre 2009 2 13 /10 /Oct /2009 15:00
La Convention signée le 10 Août 2007 entre la société « Kruger Brent Tourisme Afrique » représentée par Monsieur Saïf Durban et l’ex ministre du Développement du Tourisme et de l’Artisanat, Madame Yvonne Mboïssona, pose une problématique qui remet en cause sa validité.

 
Madame Yvonne Mboïssona s’est toujours, de tradition, référée aux avis de ses collaborateurs avant de prendre toutes ses décisions ; et nous avons suivi et apprécié cette démarche qui ne peut que conduire les dossiers ou les projets à bon port. L’étonnant est que sur la société hôtelière centrafricaine, l’Hôtel du Centre, elle n’ait pas pris en considération l’avis du Conseil d’administration qu’elle a pourtant pris le soin de demander.


Cela est d’autant plus regrettable que, constitué de membres compétents et responsables, le Conseil d’administration a bien aidé la ministre Mboïssona en lui adressant une contre proposition assortie d’un cahier des charges qui comblait positivement le vide caractérisant le projet de convention présenté par Monsieur Saïf Durban. Un cahier de charges est, dans uns une convention,  la pièce maîtresse parce que coercitive susceptible d’obliger les deux parties signataires à respecter ladite convention.


Selon toute vraisemblance, les membres du Conseil d’administration de l’Hôtel du Centre ont bien pris la précaution d’expliquer et d’attirer l’attention de la ministre sur les irrégularités du point de vue de la forme et de celui du fond. Laquelle démonstration visait à conclure l’inapplicabilité de la Convention signée.


Alors comment expliquer cette perte de clairvoyance qui a entraîné notre ministre à signer une telle convention ?


Les infrastructures de l’Hôtel du Centre sont propriété de l’Etat centrafricain. A ce titre, l’Etat se doit de tirer profit de leur exploitation. Nous ne comprenons pas pourquoi le ministre en charge des Finances et du Budget n’est pas associé ou impliqué, comme il se doit, dans cette affaire. Habituellement, la privatisation d’une société est motivée lorsqu’elle va vraiment mal comme on le dit. Dans le cas d’espèce, l’Hôtel du Centre, selon nos informations, depuis dix (10) ans, a témoigné d’une  gouvernance et d’une gestion caractérisées par des bénéfices annuels successifs.


Nous en déduisons que le Directeur Général Jean Marie Ali, toute son équipe et le Conseil d’administration ont accompli un travail de « Moléngué ti Kodro » que le gouvernement se doit de soutenir. Mais comment les soutenir ? En respectant le principe selon lequel on ne change pas une équipe qui gagne.


L’équipe actuelle et le Conseil d’administration malheureusement récemment dissout, non seulement ont gagné par des résultats positifs depuis dix ans, mais ils n’ont contracté aucune dette auprès d’une banque. Par ailleurs, chaque année, ils reversent plus de 100.000.000 FCFA de TVA collectée au Trésor Public.


Une privatisation ne peut se faire sans les problématiques de personnels à maintenir ou à licencier, de valeur de la société et de prix de cession à déterminer et d’indemnisation des personnels etc.


La convention signée le 10 août mérite une annulation pure et simple eu égard au flou qui caractérise son financement et à l’imprécision sur le montant des travaux à réaliser. Nous respectons et remercions le partenaire
Monsieur Saïf Durban du Pakistan pour le choix et l’intérêt qu’il a marqués pour la République centrafricaine.
Cependant nous dénonçons la convention du 10 août 2007 et pensons que la ministre du Tourisme et de l’Artisanat,
Madame Bernadette Sayo, le ministre en charge du Travail, de la Formation professionnelle et de l’Emploi, Monsieur Gaston Mackouzangba, et la ministre du Commerce et de l’Industrie, Madame Béatrice Emilie Epaye seraient bien avisés de se concerter avec toute l’équipe de l’Hôtel du Centre pour ne concevoir qu’un agrandissement et une modernisation susceptibles de lui conférer plus d’étoiles.

Ce n’est qu’ainsi que cette initiative pourra nous faire avancer conformément aux lois, décrets et règlements en vigueur et en harmonie avec le Traité et les actes uniformes de l’OHADA.

Affaire à suivre !

Faustin Bambou

 

Par Faustin Bambou - Publié dans : Editorial
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Mardi 11 mars 2008 2 11 /03 /Mars /2008 15:12
 

Y-a-t-il eu des détournements dans Caritas? Pourquoi l’aide extérieure alors que Dieu nous a donné l’or, le  diamant  et l’uranium ? L’Abbé André Singa répond.

 

La salle de spectacle du Centre Jean XXIII a abrité le vendredi 7 mars 2008 une importante conférence de presse sur la « 5e journée nationale de la Caritas Centrafrique ». Sous la présidence de l’Abbé André Singa, Secrétaire Exécutif National de Caritas Centrafrique entrant, a démarré exactement à 9 h 43 mn, heure à laquelle Monsieur Clotaire M’Bao Ben Séba a indiqué le but de la dite conférence. Ensuite l’Abbé André Singa, Madame Marie-Hortense Toulougoussou Coordonnatrice, Monsieur Modeste Gonda Chargé de programme de développement et Jean Louis Marolleau, ont pris la parole pour intervenir.

 


« Que ceux qui ont faim aient du pain ! Que ceux qui ont du pain aient faim de justice et d’amour ! ». C’est ainsi que, citant l’Abbé Pierre,
le Secrétaire exécutif André Singa a débuté son propos liminaire avant de faire un bref historique de la Caritas comme « instrument privilégié de la pastorale sociale de l’Eglise Catholique ».


L’organisation de la charité remonte aux Apôtres eux-mêmes : pour pouvoir se consacrer au service de la parole, ils ont choisi « sept hommes de bonne réputation, remplis de l’Esprit et pleins de sagesse (Actes 6, 2-3) pour s’occuper du service des tables (l’intendance de l’Eglise). Ensuite, l’exercice de la charité a évolué  selon les temps et les lieux. La première Caritas nationale fut fondée en Allemagne en 1897. D’autres ont suivi dans les cinq continents tout au long du siècle dernier. Aujourd’hui, la
Confédération Caritas Internationalis compte 160 Caritas nationales membres.


En RCA, la Caritas est née avant l’indépendance sous le nom de
Secours Catholique Centrafricain ; pendant des décennies, il a collaboré avec l’animation rurale. Toute cette période a été caractérisée par de nombreuses initiatives individuelles locales menée souvent par des religieuses ou des religieux étrangers grâce à des ressources personnelles privées et qui n’avaient pas de compte à rendre. En 1991, les deux courants, Secours Catholique et Animation Rurale ont fusionné pour donner la Caritas Centrafrique…


Tous, baptisés hommes de bonne volonté, clercs, religieux ou laïcs, jeunes ou adultes, nous devons ouvrir les yeux, faire travailler notre imagination et notre créativité pour chercher des réponses et des ressources aux innombrables problèmes qui nous entourent et nous prendre en charge nous-mêmes, a dit en substance l’Abbé André Singa.


La Coordinatrice de Caritas Centrafrique, Madame Marie Hortense Toulougoussou est ensuite intervenue pour expliquer ses responsabilités liées à la formation et aux relations avec les diocèses, l’interface qu’elle assure avec les Caritas diocésaines en particulier dans le domaine des formations et de leur suivi.


En 2003, un diagnostic a été effectué, selon elle, tant de l’organisation que de l’évaluation des activités. Laquelle évaluation a fait ressortir, les forces et les faiblesses de cette structure. Les évaluateurs venus du Congo, de la France, du Mali et de la RCA, ont relevé que la Caritas Centrafrique fait partie d’un réseau international et national, qu’elle dispose d’un personnel qualifié et travaille avec beaucoup de bénévoles et des personnes ressources.


Disposant d’un statut et d’un règlement intérieur, Caritas Centrafrique a signé un protocole de partenariat avec son ministère de tutelle, celui du Plan ; la mission et la vision de cette structure tant au niveau de Bangui qu’à l’intérieur du pays sont confuses, avaient décelé les évaluateurs qui ont par ailleurs constaté que le responsable de Caritas Centrafrique est manifestement affaibli par le manque de financement.


L’inexistence de manuel de procédures dans certains diocèses, l’insuffisance de circulation, d’information, la dépendance exclusive de l’aide extérieure, ont été également relevées. Depuis 2006 par le truchement d’un programme appelé « DIRO » (Développement Institutionnel et Renforcement Organisationnel) des activités de formation de sensibilisation ont été menées. Dix (10) ateliers ayant réuni des responsables des Caritas paroissiales et diocésaines, un atelier national pour valider les propositions des diocèses et des paroisses mises après sur la table de la Conférence épiscopale de la RCA pour amendement.


Ensuite le Secrétariat Exécutif national a été réorganisé : les statuts de Caritas édités depuis les indépendances jusqu’à 2003 sont en cours de révision. Un manuel de procédure au niveau du Secrétariat a été rédigé et mis au service des Caritas diocésaines. Plusieurs formations ont été données pour renforcer les capacités du personnel du réseau accompagnée par une initiation à son fonctionnement ; trois formations en informatique, deux formations sur la gestion de projets (formation en management, en animation et aux moyens de communication).


En février 2008, il a été organisé un atelier national pour la mise en place d’un plan stratégique qui couvrira la période de 2008 à 2013 dont l’inexistence a été déplorée par l’évaluation. Ce plan stratégique regroupe la vision, la mission, les valeurs de Caritas Centrafrique, son identité, les défis et opportunités et les domaines prioritaires.


Un atelier a vu l’inscription des perspectives à venir pour l’élaboration d’un programme de proximité personnalisé où les bénéficiaires étaient le Secrétariat Exécutif national, les secrétaires diocésains et à travers eux les Caritas paroissiales et les communautés ecclésiales de base.


Monsieur Modeste Gonda
, à son tour, a situé l’assistance sur son rôle au niveau de Caritas Centrafrique, les différents projets réalisés unilatéralement et en collaboration avec certains partenaires en place et la perspective de son service en fonction du thème inscrit à l’ordre du jour, la 5e journée de la Caritas Centrafrique : lève toi et marche !.


Monsieur Modeste Gonda est chargé d’aider les neuf (9) secrétaires diocésains travaillant dans les préfectures de la RCA à concevoir des projets, à pouvoir les soumettre pour financement ; mais aussi à développer des mécanismes de mobilisation des ressources financières propres, de pouvoir conduire des initiatives de développement. Il appuie et conseille toutes les Caritas diocésaines dans le cadre des négociations avec les partenaires diversifiés.


Aujourd’hui, avec le gel budgétaire mondial en terme d’aide publique au développement, il est important de voir la possibilité de développer des mécanismes de financement auprès d’autres bailleurs que les traditionnels, et même développer des stratégies de recherche de financement vers le mécénat.


Le Veil est aussi développé  selon l’orateur : « Nous sommes là aussi à l’écoute des différents appels à propositions, des différents appels à projets pour nous positionner et les diriger vers les différentes Caritas diocésaines puisque notre responsabilité, c’est de coordonner mais pas directement d’exécuter les projets » a-t-il expliqué.


Dans cette perspective, a-t-il poursuivi, en concertation avec la Commission Nationale pour les Réfugiés avec un financement de l’Ambassade des Etats-Unis, il n’a été que le maître d’ouvrage relativement au transit des fonds pour la réhabilitation du Centre de santé de la Commission Nationale pour les Réfugiés.


Le deuxième projet mené l’a été par le concours du FNUAP : un projet pour l’obstétrico -néonatal destiné à remédier aux problèmes connus par les femmes en accouchement en période crise. Il a visé à réduire le taux de mortalité infantile qui est assez élevé et à équiper les zones de crise en kits médicaux dans les diocèses de Bozoum, de Bouar et de Bossangoa.


Au niveau des perspectives, il s’agit d’aller de nos partenaires traditionnels auprès des financements privés, des financements publics et même auprès des fondations. Le mécénat doit être suffisamment enrichi aussi et le mécanisme de mobilisation de fonds doit être actionné pour financer des petits projets. Par la thématique « lève toi et marche », on voit ce qui est caché derrière : le dynamisme et l’espoir de vivre. Il s’agit de ne pas se laisser abattre par tous les grands bouleversements mondiaux aujourd’hui tels que la guerre, les pertes d’emploi, les hausses de prix, les maladies inguérissables
, les concurrences.


Aujourd’hui le monde appartient à ceux qui sont plus compétitifs. Ceux qui ont l’argent peuvent inscrire leurs enfants à l’école privée… Des enjeux importants face auxquels la Caritas veut amener tant soit peu ses contributeurs au travers de ses actions ; ses actions de proximité, de lutte contre la pauvreté, ses actions d’appui conseil auprès des populations ecclésiales de base, auprès des communautés les plus défavorisées et ses actions au niveau des Caritas diocésaines pour sensibiliser, faire le lobbying auprès des gouvernements, de partenaires techniques et financiers pour drainer des fonds nécessaires pour alléger les souffrances des
personnes…


Le Conseiller Jean Louis Marolleau
a pris la parole pour évoquer le chemin que parcourt la Caritas Centrafrique d’un appui traditionnel de partenaires financiers à davantage d’autonomie et de prise en charge. Selon lui, l’accompagnement traditionnel, c’est un partenaire qui cherche de l’argent, des ressources financières pour financer des projets qui lui sont soumis par son partenaire local. Et le Secours Catholique a fait cela comme tous les partenaires financiers pendant très longtemps.


Au moins tous les deux ans, celui qui suit le pays vient visiter ses partenaires pour voir l’avancement des programmes, des projets, les difficultés rencontrées et comment continuer… Une des décisions qui en est sortie, c’est de recruter un conseiller technique pour être plus près de son partenaire ; pas simplement à distance en Europe, financer de loin, venir une fois par an, mais qu’il y ait quelqu’un à côté de la Caritas qui soit présent, qui accompagne avec ses qualités et ses défauts aussi évidemment ses qualités, son expérience, ses connaissances pour renforcer cette équipe.


Cela se situe dans le cadre du programme « DIRO » qui a permis aussi un certain nombre d’investissements en matériel, en équipements qui ont été apportés soit au Secrétariat national, soit aux Caritas diocésaines, des équipements en informatique (ordinateurs et imprimantes), un véhicule, des motos, des équipements pour l’Internet etc. Tout le réseau relié par l’Internet maintenant a beaucoup amélioré les communications. En tant que Conseiller, je n’occupe pas une fonction spécifique.


Le Secours catholique n’a pas voulu implanter un bureau propre à côté de la Caritas qui risquerait de lui faire concurrence. Il a simplement détaché quelqu’un auprès de la Caritas Centrafrique : une sorte d’accompagnement assez rapproché, personnalisé plutôt que de se mettre à la place. Il y a un principe très important dans l’église appelé
le principe de subsidiarité qui consiste à laisser faire chacun à son niveau de responsabilité ; que celui qui est au dessus ne prenne pas la place de celui qui est en dessous. Chacun fait ce qu’il sait et ce qu’il peut faire à son niveau.


Tout le monde ne le pratique pas. Il y en a qui s’investissent à la place des autres, donc les autres ne font plus rien, deviennent irresponsable. Donc, il est important de pratiquer cela : ne pas se mettre à la place des autres ! MLe but final de tout ça, c’est un accompagnement mais qui vise à se supprimer lui-même. L’aide normalement devrait se supprimer elle-même. A un moment, on ne devrait plus avoir besoin d’aide ! Ce n’est peut-être pas tout de suite mais le chemin,
c’est ça. Il faut passer de cette dépendance. Modeste a même parlé de cette mendicité à une station debout : lève toi et marche ! Donc passer de cet accompagnement à une indépendance relative, puisque dans le monde d’aujourd’hui personne n’est vraiment indépendant ; mais une autonomie qui nous permette de nous tenir debout.


Les confrères Hyppolite Toungbé (Radio Centrafrique), Askin Alain (Le Peuple), Julien Béla (Centrafrique Matin), Athanase Nguéngo (Le Défi), François R2gis Wolosségalama  (Top Contact), Faustin Bambou (Les Collines de l’Oubangui), François Golet (L’agora), Jean Chris Zounguéré (Le Citoyen), ont posé des questions qui ont suscité les réponses qui suivent :


Modeste Gonda
 : Aujourd’hui, il faut comprendre que Caritas est aidée sur les dons faits par les gens au Secours Catholique et qui sont rétrocédés ici pour des activités liées à l’amélioration des conditions de vie des personnes ici. Cela veut dire que Caritas n’a pas suffisamment de moyens. D’autres personnes personne ont dit : ils ont fini les sous et veulent maintenant que nous les aidions… Je vous dis franchement, c’est réactions qui font en sorte que la Centrafrique a des problèmes. Pour avoir travaillé pendant longtemps dans le domaine associatif, je sais que pour mobiliser des fonds, c’est difficile. Même pour cotiser entre nous et faire des actions fondamentales, c’est difficile. Mais pour qu’on se retrouve quelque part, pour prendre un pot et aller s’amuser, c’est facile. Mais faire des actions socioéducatives, c’est difficile…


Vous voyez comment la Banque mondiale et les autres nous traînent par la queue ! A tout moment, on nous dit : avant de vous aider, assainissement financier ! Avant de vous aider, mettez les gens à la retraite précoce ! Avant de vous aider, privatisez ! D’autres pays refusent en raison de leur dynamique. A Berberati, Bouar, Bambari, Bossangoa, Bozoum, à Mbaïki, il est possible de voir tout ce qui a été fait comme réalisations…


Le Secrétaire diocésain de la Caritas Bangui fait des actions dans les quartiers qui vont jusqu’à Yaloké et Bossembélé… Il faudrait dire : on peut arriver, on va arriver. A chaque fois le président de la République et même ceux qui l’ont précédé évoque toujours l’exemple du Burkina Faso. Pourtant nous étions avant le Burkina Faso… Un matin, ils se sont levés et ont dits : soyons des hommes intègres mais un seul bout de bois ne fait pas le feu, on va partir, nous tous, avec une dynamique, on va foncer vers l’intégrité.


Il n’y a aucune connotation financière dans la thématique : « lève toi et marche ». Nous voulons être une institution de veille, pouvoir être prêts à réagir dans des situations catastrophiques. Mais pour y parvenir, il faut avoir les moyens, pour avoir les moyens, il faut se battre personnellement… collecter les fonds. Les collectes de fonds, cela fait partie du préfinancement.


Marie Hortense Toulougoussou
 : La Caritas Centrafrique fait partie d’une confédération qui est l’Eglise catholique. A l’étranger, les gens procèdent par des actions de sensibilisation auprès des gens de bonne volonté,  des organismes, de chaque chrétien pour pouvoir donner ce qu’ils ont. Cela se fait dans quelques Caritas africaines. Les gens donnent des chèques, des habits usagers, des legs, déposent des matériels etc.


Quand il y a des appels d’offres, les partenaires font des demandes au nom de Caritas Centrafrique qui est leur partenaire. Maintenant, les choses ont changé et dans cette perspectives d’aides, les fonds reçus avant ont été investis dans ce qu’on appelait l’animation rurale qui est devenue SDPH (Service de Développement et Promotion Humaine), ce qui est purement développement. Nous avons aussi investi en aidant les orphelins, les femmes en situation difficile, les pauvres, les vieillards qui n’ont personne pour les aider à con
struire et aussi les gens en situation de catastrophe, soit naturelles, soit provoquées. Et c’est ça qui nous amène à parler d’humanitaire. C’est nous-mêmes qui avons écrit tout ce que Caritas a fait. Caritas a aidé les groupements à Bangui, à Bossangoa, à Berberati, à Kaga Bandoro. Nous avons initié des groupements auxquels nous avons construit des bâtiments ; nous leur avons donné des matériels pour qu’ils puissent bien se prendre en charge. Cela jusqu’en 2003. Et, c’est nous qui avons tout détruit, tout détruit !... Et maintenant nous avons fait appel aux gens qui nous ont aidés… Ils nous ont dit qu’on ne peut pas toujours aller à l’éternel recommencement. Maintenant, il faudrait changer de stratégie pour pouvoir reprendre à zéro…

Sur la question des détournements dans Caritas Centrafrique soulevée par Faustin BAMBOU, Madame Marie-Hortense Toulougoussou a déclaré en substance :


« Il y a deux aspects : l’aspect humanitaire d’urgence et l’aspect développement. En fusionnant cela, les gens n’ont pas suivi cette fusion. Il y a eu des faiblesses par rapport à ce que vous venez de dire. Cela réside dans le manuel de procédures qui indique comment faire lorsqu’on  reçoit quelque chose, pendant l’exécution, le suivi etc. Nous n’avions pas en ce moment mis en place cette procédure ; il y avait des manquements. Donc, ceci nous a amenés à dispenser des séries de formation à ces responsables pour une meilleure maîtrise
de leur travail. De même, si vous avez des bagages, des diplômes, vous avez toujours besoin de recyclage »

L’ Abbé André Singa a complété cette réponse en ces termes :


«  Je vais essayer de donner un élément de réponse à la sollicitation de Monsieur BAMBOU qui a posé de très bonnes questions. Vous savez, aujourd’hui on est entrain de préparer la 5
ème journée nationale de Caritas. C’est un événement qui se produit actuellement. Et si à la sortie de cette conférence, on rencontre des gens qui nous demandent de relater les faits, moi, n’étant pas journaliste, je donnerai une autre version. Et vous, étant journaliste de profession, vous saurez quels points articuler pour que le message passe et vous savez de même aujourd’hui que la charité est devenue professionnelle. Il faut professionnaliser la charité ! Donc, les partenaires financiers, s’ils me donnent de l’argent, même en tant que pauvre curé que je suis à gérer pour les démunis, et si je n’y arrive pas n’ayant pas les compétences, je peux dire : même si tous les bénéficiaires sont rentrés en possession des ces fonds et que je n’ai pas les compétences pour présenter un rapport adéquat, objectif, ils vont me poursuivre pour dire que non, il n’a pas fait un bon rapport. Par contre, celui qui reçoit des fonds et qui n’a même pas donné aux bénéficiaires, si c’est quelqu’un qui a été dans une école de Développement, il saura présenter un rapport fiable. Et les gens diront : oui, il a bien justifié ; OK ! Voyez-vous ?  C’est cela qui faisait partie des faiblesses de Caritas. Nous avons donc mis en place ce programme DIRO pour essayer de trouver des gens compétents qui puissent faire des rapports fiables afin de gagner la confiance des partenaires financiers et celle de nos populations, surtout les bénéficiaires. C’est un élément de  réponse que j’essaie de donner pour compléter Marie-Hortense.


Deuxièmement, vous avez dit que la RCA a tout : de l’or, des diamants, l’uranium ; mais depuis l’indépendance, c’est le discours qui nous fait tenir debout. Qu’est ce que nous devons faire ? Maintenant, réveiller la conscience, Interpeller les gens, ceux qui ont les pouvoirs de décisions, ceux qui ont les pouvoirs de décisions ! Comment faire ? Il faut les interpeller ! E t c’est ce que nous avons fait à Rome quand nous avons su que les grandes puissances se sont réunies en Allemagne. Nous avons fait notre banderole pour dire : vous vous êtes réunies aujourd’hui, pensez à
remettre les dettes des pays pauvres ! Nous les avons interpellées. Ce que nous faisons pour les grandes puissances, nous le faisons aussi pour nos dirigeants. Nous ne faisons pas de la politique. Je vous ai dit notre contribution, c’est de mettre l’homme debout, de faire du pauvre le sujet de son propre développement, le moteur de son propre développement. Et je crois que c’est cela, même si nous arrivons à être autonome sur le plan financier, cela ne nous dispense pas d’avoir des relations internationales. Même si nous avons tout, nous sommes maintenant dans la mondialisation ; nous avons besoin des autres. Il faut rentrer dans les relations internationales ! Nous ne pouvons pas nous isoler. C’est pour cela que Jean Louis Marolleau est là pour nous accompagner, nous accompagner dans cette dynamique-là… »

 

Il faut dire que cette conférence a été très riche et donc instructive pour notre compréhension de Caritas Centrafrique.

C’est exactement à 11h 17mn que ces riches débats ont pris fin pour céder la place à un apéritif.

Faustin BAMBOU

 

Par Faustin Bambou - Publié dans : Actualités
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Mardi 11 mars 2008 2 11 /03 /Mars /2008 15:01

Monsieur Vincent Mambachaka a fait la preuve d’une imagination fertile dont le fruit a été inauguré le 16 février 2008 par la ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Madame Bernadette Sayo et celui de la Communication, Monsieur Cyriaque Gonda. Il s’est agi de la réalisation d’une case pittoresque de culture de quartier pour la paix à Galabadja.


Au départ sans aucune ressource, le promoteur Mambachaka a conçu le projet culturel, ensuite il s’est employé à fédérer les sympathies des amis et connaissances pour son financement. Ainsi donc, à ce que Vincent Mambachaka a pu exhiber de sa propre poche, se sont diligemment ajoutées les contributions des personnalités telles que Jean Baptiste Wago, Crépin Mboligoumba, Hélène Cron et Cyriaque Gonda. Le coût de la réalisation s’est chiffré à 5.212.000 FCFA.


Et la dite case a été dédiée à quatre grandes figures féminines qui ont marqué la société centrafricaine : Ruth Rolland, Yaya Asta, Marthe Ngombé et Simone Adamou, en raison de leur engagement dans l’œuvre de moralisation des comportements dans l’émission radiophonique « Ouango ti bè ».


Notre pays regorge de noms qui ont rendu de grands services à la nation. Cet acte de Mambachaka est d’autant plus génial que bien souvent ce sont les méandres de l’oubli qui emportent les noms chers à la République centrafricaine.

Tout en appréciant positivement la sensibilité manifestée par Madame Hélène Cron,  Messieurs Jean Baptiste Wago, Crépin Mboligoumba et Cyriaque Gonda, nous demandons à Vincent de continuer dans cette voie pour la promotion de la culture et du tourisme centrafricains.

Faustin Bambou

 

Par Faustin Bambou - Publié dans : Culture
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